Je n’ai jamais lu Dora Bruder. Je vais le mettre tout en haut de ma pile à lire. Drôle d’atelier. Ce mardi ! Comme si François avait consulté mes carnets. Comment aurait-il su les recherches dans les archives de la ville de Paris, la consultation des actes de naissance antérieurs à 1960, et les noms de personnes décédées, comment aurait-il su la recherche de grands-parents inconnus, de tantes jamais rencontrées ? Comment aurait-il su que j’ai la même démarche de l’autre côté de la Méditerranée, mais là c’est plus difficile, alors je procède autrement. Comment aurait-il eu vent des navigations aléatoires sur internet ? Ici la capture d’écran des états de service militaire d’un grand-père né le 4 septembre 1899 à Paris 13e, puis de fil en aiguille, la découverte de l’acte de mariage de Monsieur J. et de Mademoiselle B. à la mairie du 15e le 31 mars 1928 à onze heures cinquante minutes. Là-bas, un grand-père, né lui aussi au 19e siècle, je ne sais pas où. À cette époque, pas d’état civil pour les indigènes. Je sais juste qu’il est mort jeune. Aucune autre information. De quoi est-il mort ? Comment est-il mort ? Les pires fantasmes m’assaillent parfois. Alors, au peu de famille qui sait encore quelque chose, je demande. Personne ne sait. Pénible les taiseux, ils emportent tout avec eux quand ils partent. Alors pour reconstruire quelque chose, on met en scène, on mélange le réel et la fiction, puis on écrit un article sur son blog : https://khedidjaberassil.com/2024/01/mamie/ (qui avait ému Martin W). On y prend plaisir et le passé prend vie.
Texte d'atelier, François Bon, Tiers Livre mardi 10 mars 2026