Les larmes et les cris m’ont pris beaucoup de temps. Et le temps, je n’en ai plus beaucoup. Je veux donc profiter de celui qui me reste, cesser de me perdre, de m’étourdir dans des évènements sans intérêt. Je ne peux plus accepter de faire des choses que je ne veux pas faire, participer à des discussions stériles, cautionner des énormités par mon silence. Quand cela ne me plaît pas, je pars. Je ne perds pas de temps à convaincre tel idiot ou telle idiote. Je n’ai plus de temps à perdre. Je me fiche du qu’en dira-t-on et de ce que pensent les voisins. Je n’ai plus 20 ans et je n’ai aucun compte à rendre. J’agis à ma guise, je fais ce que je n’ai pas pu faire plus jeune. J’apprends l’harmonica. Je joue au moins 4 h/j. Mon professeur un petit jeunot de 50 ans du conservatoire de Paris n’en revenait pas. Il m’a proposé un duo lors d’un concert. Nous avons joué à l’Hôtel de Ville. C’était il y a 10 ans. La vidéo a tourné sur les réseaux, puis un concert en entraînant un autre, j’ai démarré une carrière solo. Pourquoi n’ai-je pas adopté cette ligne de conduite plus tôt ? Pourquoi avoir attendu d’avoir 70 ans pour devenir une femme libre ? Mieux vaut tard que jamais me direz-vous.