Je viens de voir, un peu par hasard, chez une amie, À pied d’œuvre. Comme la voix off me parle, directement, sans ambages. Je n’ai pas quitté mari et enfants pour écrire. Je ne le ferai pas. Mais les obstacles rencontrés pour écrire, les jugements incompris de l’entourage, le renoncement m’interpellent. Les raccourcis de pensée lâchés avant même d’en mesurer la maladresse sont partagés. Et encore je n’ai rien publié qui soit passé dans les médias. Aux réseaux, mon maigre public. Et il m’arrive de penser que de cette manière je suis préservée. Je réfléchis à prendre un pseudo.
« Le métier d’écrivain consiste à entretenir un feu qui ne demande qu’à s’éteindre. Un feu dans la neige. Il faudrait prévenir, mettre un panneau. Cela exige une grande volonté. Achever un texte ne veut pas dire être publié, être publié ne veut pas dire être lu, être lu ne veut pas dire être aimé, être aimé ne veut pas dire avoir du succès, avoir du succès n’augure aucune fortune. »
Extrait de À pied d’œuvre, Courtès, Franck
Je n’ai pas pu voir la fin du film, je l’ai visionné le soir même sur une plateforme de streaming. Et le lendemain, j’ai lu le livre du même nom. Heureuse d’avoir constaté qu’il publie toujours et qu’il n’a pas été découragé par la dureté de sa condition (passée ? Cela ne me regarde pas, mais je ne peux m’empêcher ce m’interroger). Heureuse de la prochaine lecture qui m’attend, un petit cosmonaute quelque part.