Je pourrais déchirer la cage d’os où bat le cœur hurlant,
arracher les barreaux qui emprisonnent,
mais mes doigts s’ouvrent sur le vide,
ne trouvent que l’air du matin.
Je pourrais briser ce qui palpite sous la peau,
fracasser la voix,
mais le silence reste entier
comme un désert jamais traversé.
Je pourrais incendier la maison intérieure,
mais les flammes ne montent pas,
elles se couchent doucement et
se font chaleur de veilleuse.
Je pourrais déchausser la racine qui pousse dans l’ombre
et ramène les mauvais souvenirs,
mais elle se dissout comme sel dans l’eau,
elle ne laisse qu’un mauvais goût sur la langue.
Je pourrais écraser ce qui bat contre les tempes,
broyer le poing fermé derrière les yeux,
mais la fêlure s’ouvre pétale par pétale
et devient main tendue vers l’espoir.