Vite, trop vite tombe la nuit

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Quelques rares feuilles jaunes à peine accrochées dans les arbres, les arbres presque nus. Les feuilles brunes, presque déjà noires, s’amoncellent au sol. L’humus crépite sous la pluie. Les lumières jaunes, les lumières blanches défilent vite sur le bitume, trop vite. Bruits de succion des pneumatiques. Entre chien et loup, la brume sort de l’ombre. On voit encore les boules de gui haut perché, boule de gui parasite épiphyte, ingrédient druidique. Baiser volé sous l’arbre. Souhait jamais exaucé. Une corneille s’envole, la voiture a passé vite, trop vite. Près de l’étang en contrebas, les saules nus pleurent dans la rivière. Les larmes ruissellent. Soudain, dans les phares jaunes, le regard stupéfait d’un raton-laveur, inoubliable masque noir projeté sur le bas-côté. De la forêt, les chênes et les frênes tendent leurs bras au-dessus du bitume luisant. Leurs branches se rejoignent presque en une prière funèbre. Les cimes disparaissent dans la nuit tombante vite, trop vite.

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