
© KBS
J’ai parfois des idées cachées. Par exemple, prenons les maux de ventre. L’abdomen durcit, tendu au toucher. Les palpations rencontrent un mur de contractions. Derrière, les muscles tétanisés, figés glissent poussés par quelque chose. Une chose sournoise qui s’entortille, fait des nœuds à l’âme, paralyse la pensée. La chose tel un serpent fouille, cherche les peurs, arrose les craintes, brise la résistance, paralyse tout mouvement. Elle confine, immobilise. Elle invente une attente, paralysante. Le coeur lourd s’en trouve tétanisé. Le temps défile sans vous. Vos pieds restent scellés au sol, vos mains lourdes ne peuvent tenir le moindre objet. Votre pensée engluée vous laisse dans une torpeur angoissante. Derrière vos yeux sur l’écran de vos paupières s’affichent en boucle les mauvais souvenirs. Avant la projection, vous les reconstituez chaque fois avec davantage d’amertume. La lumière ne vous atteint pas, vous êtes dans l’obscurité à toute heure du jour, vous devenez l’obscurité. Pourtant, derrière votre masque de tristesse silencieux, les cris retentissent fort.